Interdiction de sortie du territoire d’un enfant : elle peut être limitée à un seul parent
L’article 373-2-6 du Code civil permet au juge aux affaires familiales d’ordonner l’interdiction de sortie du territoire français d’un enfant sans l’autorisation de ses deux parents, notamment lorsqu’il existe un risque de déplacement illicite de l’enfant à l’étranger.
Jusqu’à présent, la rédaction du texte pouvait laisser penser que cette interdiction devait nécessairement s’imposer aux deux parents.
Dans un arrêt du 1er juillet 2026, la Cour de cassation apporte une précision importante.
Elle rappelle que cette mesure, si elle vise légitimement à protéger l’enfant et à préserver ses liens avec chacun de ses parents, constitue également une restriction au droit au respect de la vie privée et familiale et à la liberté de circulation.
Elle doit donc être nécessaire et proportionnée au risque réellement encouru.
La Cour de cassation en déduit que l’interdiction de sortie du territoire peut être limitée au seul parent susceptible de porter atteinte au maintien des liens de l’enfant avec l’autre parent.
Une décision particulièrement intéressante à Strasbourg
La portée pratique de cette décision est importante pour les familles vivant en zone frontalière.
À Strasbourg, sortir du territoire peut simplement signifier passer quelques heures en Allemagne, aller faire des courses à Kehl, se rendre à la piscine ou participer à une activité de l’autre côté du Rhin.
Il peut donc être particulièrement contraignant d’imposer à un parent une interdiction de sortie du territoire lorsque le risque ayant justifié cette mesure concerne exclusivement l’autre parent.
Avec cet arrêt, le juge dispose désormais d’une possibilité supplémentaire pour adapter la mesure à la situation familiale et au risque réellement identifié, tout en préservant la liberté de circulation de l’enfant avec le parent qui ne présente aucun risque de déplacement illicite.
Cass. 1re civ., 1er juillet 2026, n° 25-21.064 – article 373-2-6 du Code civil.










