* Aidant familial et divorce : l’aide apportée à son conjoint peut-elle être indemnisée ?
S’occuper quotidiennement d’un conjoint malade ou handicapé peut conduire à mettre sa carrière entre parenthèses, perdre des revenus et consacrer plusieurs années à l’aider.
Mais en cas de séparation, cette aide peut-elle donner lieu à une indemnisation ?
La Cour de cassation vient de répondre à cette question dans un arrêt du 10 juin 2026 (Cass. 1re civ., 10 juin 2026, n° 23-22.486).
Une épouse réclamait plus de 400 000 €
Dans cette affaire, une épouse avait assisté pendant plusieurs années son mari, devenu lourdement handicapé à la suite d’un accident.
Elle estimait que son aide avait permis à son mari d’éviter le coût d’une tierce personne, alors qu’elle-même avait été empêchée d’exercer une activité professionnelle.
La cour d’appel lui avait accordé 412 680 €.
La Cour de cassation dit non
Pourquoi ? Parce que les époux étaient mariés sous le régime de la communauté réduite aux acquêts.
Pour la Cour de cassation, le coût de l’aide dont avait besoin l’époux handicapé aurait constitué une dépense de la communauté.
En assurant elle-même cette assistance gratuitement, l’épouse a donc permis une économie à la communauté, et non à son seul mari.
Elle ne peut dès lors pas invoquer un appauvrissement personnel pour obtenir une indemnisation sur le fondement de l’enrichissement injustifié.
À retenir
Avoir consacré plusieurs années à aider son conjoint ne donne donc pas automatiquement droit à une indemnisation lors de la séparation.
Le régime matrimonial peut jouer un rôle déterminant : la question peut notamment se poser différemment pour des époux séparés de biens ou pour des concubins.
Une nouvelle illustration de l’importance du régime matrimonial… y compris lorsque l’on est très loin de penser au partage des biens.
Cass. 1re civ., 10 juin 2026, n° 23-22.486, publié au Bulletin.










